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Angers à la première place du Top 500 des « villes où l’on vit le mieux »

Angers vient de décrocher la première place du Top 500 des « villes où l’on vit le mieux » publié ce 30 janvier par Le Journal du Dimanche.


Longtemps, la ville d'Angers fut qualifiée d'endormie. Si la réputation des habitants pour leur calme au volant se confirme – ils klaxonnent peu, voire jamais, et s'arrêtent à tous les passages piétons –, la métropole est loin d'endormir ceux qui souhaitent la rejoindre pour y vivre. Pour preuve, le chef-lieu de Maine-et-Loire est la ville qui connaît la plus forte attractivité immobilière selon le classement de l'Association des villes et villages de France où il fait bon vivre . C'est ce nouveau critère qui lui permet de prendre – de justesse – la place d'Annecy. "Angers fait partie des communes ayant connu les plus fortes évolutions de prix tout en les maintenant à un niveau relativement accessible, note l'association. Dans le top 3, seule ­Angers garde un prix au mètre carré en deçà des 4.000 euros, à 3.269 euros."


La première commune verte de France

Le maire de la commune, ­Christophe Béchu (parti Horizons), constate cette attractivité : "Nous gagnons beaucoup d'habitants chaque année. L'année dernière, 1.400 personnes sont arrivées." Ce qui porte à 156.000 le nombre d'Angevins. Depuis quelques années, la ville, située à une heure trente de la capitale en TGV, attire notamment les Parisiens. C'est le cas de Juliette, 40 ans, installée en Maine-et-Loire depuis quatre ans. "J'en avais assez des loyers affolants de Paris et du temps perdu dans les transports", confie-t‑elle. Elle se réjouit en promenant son chien dans le parc Balzac, un jardin à la longue promenade qui longe la Maine : "Angers, c'est une ville à la campagne, il y a de la nature quel que soit l'endroit." Un tiers du territoire est végétalisé, ce qui en fait la première commune verte de France selon l'Observatoire des villes vertes.


Si la ville conserve autant d'espaces verts, c'est parce que la mairie a fait le choix de ne pas densifier à tout-va pour conserver sa taille humaine. Mais cette décision limite l'offre de logements, qui a du mal à suivre la demande. "La pression sur le marché immobilier est même un peu trop forte, note Christophe Béchu, c'est spectaculaire." A Angers, les maisons sont encore nombreuses, notamment les angevines, ces habitations en tuffeau et aux hauts plafonds que l'on retrouve notamment à la Doutre, un quartier central aux allures de petit village de 500 âmes, aux routes pavées et aux rues étroites.

L'attractivité augmente, les prix de l'immobilier aussi

Ces habitations sont victimes de leur succès. "Il y en a très peu de disponibles aujourd'hui, constate Antoine Charpentier, agent immobilier. Une maison de ce genre se vendait 220.000 euros il y a six ans. Aujourd'hui, elle en vaut 100.000 de plus." Olivia, propriétaire depuis 2008, a eu la chance d'acheter à un prix encore accessible, qui plus est à proximité d'une des plus belles rues de la ville : l'avenue Jeanne-d'Arc, entièrement piétonne et bordée d'une pelouse verdoyante et d'arbres parfaitement taillés. "Avec les prix actuels, reconnaît-elle, on n'aurait pas pu acheter une telle maison." Pour Antoine Charpentier, l'augmentation des prix a "éloigné du centre les Angevins, qui se retrouvent en périphérie".

Afin de rapprocher les quartiers éloignés, la mairie a investi dans une ligne de tramway traversant la ville du nord au sud. En quinze minutes, les habitants du quartier excentré de la Roseraie peuvent se rendre sur la place du Ralliement pour prendre un café en terrasse, sous le soleil et la désormais célèbre douceur angevine. Deux nouvelles lignes seront mises en service en décembre.


" Il faut trouver des leviers pour que l'attractivité du territoire ne nuise pas aux habitants actuels "

"Nous proposons de rendre les transports gratuits le week-end, ­annonce Silvia Camara Tombini, élue du groupe d'opposition de gauche Aimer Angers. Car il faut agir sur la qualité de l'air, assez ­médiocre [Selon Air Pays de la Loire, en 2021, elle n'a été bonne que pendant trois jours]." Autre attente de l'élue : "Classer la ville en zone tendue pour encadrer les loyers ou majorer la taxe d'habitation des résidences secondaires." Selon elle, "il faut trouver des leviers pour que l'attractivité du territoire ne nuise pas aux habitants actuels, tout en restant accueillant avec les nouveaux arrivants."


Une ville étudiante

Dans le quartier de Belle-Beille, les véhicules de chantier s'affairent pour tracer le nouveau cheminement du tram. La zone est réputée pour son campus universitaire et ses nombreux établissements de formation supérieure. Avec 43.000 étudiants, la ville fait partie des communes françaises les plus attractives auprès des jeunes. "Même si c'est une plus petite ville que Nantes, il y a plein de choses à faire lorsque l'on est étudiant", soulignent Agathe, Lisa et Sabrina, arrivées en septembre pour leur master de droit privé à l'université ­d'Angers. "On se sent beaucoup plus en sécurité qu'à Nantes", complètent Antoine et Élisabeth, en licence de sociologie. La cité de l'Anjou a pu souffrir de la comparaison avec sa voisine, mais elle a finalement su attirer les plus jeunes, qui ont contribué à l'attractivité ­immobilière de la commune. "La ville a gagné 13.000 étudiants en dix ans, précise Antoine Charpentier. On est en manque de petites surfaces pour les loger. Les quelques constructions à Angers concernent principalement des logements étudiants."

Hors résidences étudiantes, les travaux se concentrent autour de la gare TGV Saint-Laud, où un quartier d'affaires sort de terre. Les entreprises sont elles aussi de plus en plus nombreuses à vouloir s'installer dans la capitale de Maine-et-Loire. C'est le cas de Pony, seul acteur français proposant des trottinettes électriques et vélos en libre-service, qui a choisi Angers en 2017 pour développer son activité. Aujourd'hui, ses deux-roues bleus peuplent les rues et participent au calme des routes angevines.

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